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Editeur invité
Nicolas Reeves, Université du Québec à Montréal, Canada
Au-delà de ses aspects pratiques et fonctionnels, toute architecture procède fondamentalement d’une structure poétique qui convoque les faisceaux de relations sensibles, historiques et symboliques qui l ’ancrent dans un lieu, une histoire, une pensée, la mémoire d’un événement. La bibliothèque scientifique Hubert-Reeves, intégrée au nouveau campus MIL de l’Université de Montréal, n’y fait pas exception. En proposant une lecture personnelle et géopoétique de la bibliothèque, cet article tente d’élucider les trajectoires qui la relient à la pensée du célèbre astrophysicien - dont l’auteur est le fils - à ses valeurs, à son rapport au monde et à l’imaginaire du territoire québécois. Le campus MIL est ainsi abordé comme une architecture géophysique, déclinant un vocabulaire explicitement minéral fait de géodes, de topographies, de failles, de strates et de cristaux. Il semble émerger des imaginaires tectoniques qui traversent le territoire, esquissant une cartographie où se télescopent les échelles du local et du cosmologique, de l’éphémère et des temps immémoriaux. Les deux jardins de la bibliothèque, petits cratères arborés creusés dans un sol surélevé, deviennent des fragments transplantés du Mont-Royal, relief issu d’une remontée magmatique où s’étend le campus historique de l’Université. Ils constituent le coeur vivant et poétique du projet. La bibliothèque se lit alors comme une géologie du savoir : une strate souterraine où viennent se déposer et se transformer les connaissances issues des édifices cristallins qui la surplombent, à la manière de sédiments dont la fertilité prépare les récoltes à venir. Elle rend également perceptible une résonance, celle qui établit un couplage entre la pensée d’un être humain, un territoire et une architecture, par le regard sur le monde et le cosmos qu’il partage avec nous dans ses écrits. Un regard non pas extérieur, mais issu du coeur même des flux de matière et de mémoire auxquels, comme chacune et chacun d’entre nous, il doit son existence.
J’ai eu la chance de rencontrer Hubert Reeves (1932 – 2023) en 1965 lors de son arrivée en France et qu’il ait accepté d’être mon directeur de thèse. Hubert fut à la fois un scientifique, un vulgarisateur et un écologiste exceptionnel. Ce bref article évoque ses deux grandes découvertes en astrophysique nucléaire, à savoir l’origine des élèments légers (lithium, béryllium et bore) ainsi que celle des isotopes de l’hydrogène et de l’hélium et du lithium 7. Il expose aussi les façons adoptées par Hubert pour mener ses recherches et pour les populariser.
Cet article retrace la place essentielle de la musique dans la vie, l’oeuvre et les engagements d’Hubert Reeves. À partir de ses écrits, de ses collaborations avec des musiciens et des spectacles conçus avec l’auteure et son Ensemble Calliopée, il montre comment musique, science, poésie et transmission s’entrelacent dans une même expérience sensible du cosmos et de la nature.
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