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Vol 6 - Numéro 2

Arts et sciences


Articles parus

Les Céphalopodes de Jean-Baptiste Vérany : La Bête et Les Belles

Jean-Baptiste Vérany (1800-1865) was a naturalist of wide interests, and the founder of the Muséum d’Histoire Naturelle de Nice. His specialty was marine mollusks, especially cephalopods (e.g. octopuses, squids). Vérany’s major monograph was on cephalopods of the Mediterranean Sea published in 1851, "Mollusques méditeranéens ; observés, décrits, figurés, et chromolithographiés d’après le vivant". It included descriptions of new species and 43 plates showing cephalopods ’in living color’. The monograph appears to be of relatively minor scientific importance. However, Vérany’s illustrations inspired depictions of cephalopods as both a beast and as beauties by important literary and artistic personalities. Here, first the life of Vérany will be sketched and examples of his striking illustrations of cephalopods ’in living color’ given. Then the use by Victor Hugo, the 19th century French novelist, of one of Vérany’s illustrations of an octopus to depict the ferocious beast in his 1866 novel Toilers of the Sea (Les Travailleurs de la mer) will be shown. The novel was a major contribution to the popular image of cephalopods as beasts. Not long after, in the 1870’s, Verany’s illustrations were used by the renowned Blaschka glass workers to produce beautiful glass models of cephalopods. Ernst Haeckel, in his famous Art Forms in Nature (Kunstformen der Natur 1899-1904), depicted Verany’s squids as beauties of nature. Although rarely acknowledged, Verany’s lasting legacy with regard to cephalopods may be his illustrations, rather than his descriptions of new species.


Méditation borgésienne

Dans sa nouvelle intitulée "Tlön uqbar orbis Tertius" Borgès imagine un monde dans lequel les choses existent du fait de l’imagination des humains. Il prend l’exemple d’une marche qui aurait disparu parce qu’un mendiant aurait renoncé à venir y mendier. Il admet ainsi que l’imaginaire humain donne leur existence aux choses. S’il était encore de ce monde -mais l’a-t-il vraiment quitté- il verrait dans la Science, qui a progressé en défiant l’invisible et l’imperceptible, l’émergence discrète d’un autre monde, l’au-delà de la perception humaine, celui où l’imaginaire supplée aux insuffisances du réel.


La cuisine : une technique, parfois un art, certainement pas une science de la nature

Depuis les années 1980, la discipline scientifique nommée « gastronomie moléculaire et physique » est à l’origine de bouleversements des pratiques culinaires, par ses applications à la cuisine, mais si les personnes qui ont contribué à opérer les changements sont des scientifiques, elles sont sorties de leur rôle scientifique (la pratique de la gastronomie moléculaire) pour effectuer des travaux de transfert (l’application des sciences, c’est la technologie). L’ouverture technique qui en a résulté a conduit certains cuisiniers à mieux assumer le statut d’artistes culinaires, par opposition à ce qui est longtemps resté un artisanat ou un artisanat d’art. La première tendance artistique née des transferts techniques a été nommée « cuisine moléculaire » ; elle a été suivie de diverses propositions et tentatives (cuisine abstraite, constructivisme culinaire, etc.), mais c’est surtout la cuisine de synthèse, surnommée « cuisine note à note », qui se développe aujourd’hui dans le monde.