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Vol 6 - N° Spé : Extra-terrestres

Arts et sciences


Articles parus

De la science à l’art : un imaginaire extraterrestre

L’exemple des êtres vivants sur Terre montre une biodiversité considérable de leurs formes. Mais celle-ci résulte souvent des contraintes physiques du milieu environnant auxquelles ils ont dû s’adapter. Ces contraintes peuvent aboutir à une architecture générale de la complexité, dite « en mosaïque » résultant de l’application de deux principes généraux : juxtaposition d’unités de même nature, puis intégration de ces unités dans des systèmes de plus grande complexité, dont les unités initiales deviennent alors des parties. En supposant, selon un modèle aristotélicien, que les mêmes contraintes et la même architecture de la complexité se retrouvent partout ailleurs dans l’univers, peuton imaginer les formes d’êtres extraterrestres ? Une telle réflexion combine à la fois la rationalité des contraintes physiques et l’imagination d’un jeu illimité des possibles. Sur le plan rationnel nous avons délimité un nombre de formes plausibles d’êtres extraterrestres : constitution à partir de chaines carbonées, modules indépendants, recombinaison occasionnelle des chaines carbonées en variantes « sexuelles », formes arborescentes, symétrie bilatérale, « cocon » comme stade de protection, température constante, dispositifs de perception et d’action, recours à des artefacts, unités centrales de contrôle... Nous ouvrons alors la voie à une imagination artistique où tous les possibles peuvent se manifester.


Qu’est-ce que la biologie spéculative ?

À partir de l’exercice de Georges Chapouthier, l’article propose une brève histoire de l’imaginaire du vivant jusqu’à la biologie spéculative. D’abord débridé, cet imaginaire rencontre les sciences biologiques au XIXe siècle qui imposent des contraintes aux créatures extra-terrestres des récits de science-fiction. Plus tard, la biologie spéculative consistera à imaginer de manière systématique des propriétés d’entités vivantes extraterrestres éventuelles par analogie avec celles de la vie terrestre, compte tenu de contraintes physiques plausibles et des connaissances de la biologie. Même s’il ne peut s’agir d’une discipline académique, la biologie spéculative se veut une démarche rigoureuse, en même temps qu’une pratique artistique multiforme.


Réflexions sur Aristote, D’Arcy Thompson et la modularité du vivant

Dans son essai, Georges Chapouthier recherche les caractères de la complexité des formes vivantes afin d’inspirer l’imagination créative des artistes désirant représenter des êtres extraterrestres. Il développe l’analogie avec la mosaïque dans laquelle des éléments différents créent par leur juxtaposition un ensemble esthétique intégré. Deux figures importantes dans l’histoire de la Biologie, Aristote et D’Arcy Thompson, sont invoquées à propos de la définition de la forme. Le premier a enrichi la pensée par sa conception fonctionnaliste qui a été utile dans la compréhension des adaptations évolutives. Mais sa référence exclusive à la téléologie (finalisme) est rejetée par la biologie évolutive. Le second s’est attaché à expliquer la genèse des formes par les agents physiques et à les décrire en termes mathématiques, ce qui s’est révélé très fécond dans les approches comparatives et l’étude de la morphogénèse. Mais, en restant sur le terrain de la géométrie et des forces externes, il a laissé de côté les interactions biochimiques et métaboliques, sources de l’énergie interne. Je trouve les mêmes risques dans l’approche de Chapouthier. La mosaïcité reste une géométrisation alors que la modularité si générale dans le monde vivant a ouvert de grandes capacités évolutives. Le raisonnement par analogie présente une ambiguïté : ouverture heuristique mais faiblesse dans la généralisation.


Entre analogies et différences. En(une)quête d’Autres dis-semblables…

Des vies extra-terrestres sont-elles envisageables ? Georges Chapouthier nous invite à réfléchir à cette quête immémorielle qui a donné lieu au fil du temps et des avancées technologiques à de nombreuses interprétations. De bizarreries en rectifications, avec imagination et inventivité la Science avance…


La représentation des extraterrestres

L’humanité a toujours cherché à se définir et s’est bien sûr penchée sur la question de l’altérité. Dès que la notion de pluralité des mondes a été posée, notamment par Giordano Bruno à la fin du XVIe siècle, ou par le marquis de Fontenelle à la fin du XVIIe siècle, la question de la vie, voire de l’intelligence, extra-terrestre l’a naturellement prolongée. La figure de l’extraterrestre interroge la conception que nous avons de l’unité du vivant, ou de son infinie diversité, et que les fictions qui le mettent en scène reflètent plutôt le regard que nous portons sur nous-mêmes.


Les miracles n’arrivent qu’une fois

Au contraire des peintres et des poètes, le généticien reste coi lorsqu’on lui propose d’imaginer la forme que prendrait la vie sur une autre planète. En effet, il considère que la vie est présente lorsqu’un organisme se reproduit, semblable à lui-même et par lui-même ou en se fusionnant avec un organisme semblable. Or, l’élaboration d’un tel programme résulte de conditions spécifiques à la Terre et il est peu probable de les retrouver sur une autre planète.


Un bref commentaire « astrophysique »

Ce commentaire vise à rappeler les arguments issus de l’astrophysique qui font que même s’il est probable que d’autres planètes extra – solaires constituent l’habitat d’êtres vivants pluricellulaires dont quelques rares puissent être « intelligents », l’humanité demeurera incapable de prouver leur existence. Réfléchir sur les formes possibles que pourraient avoir ces êtres hypothétiques relève donc de la pure imagination à la fois sur le plan scientifique et artistique.


Science-fiction et science : vie extraterrestre

La question de la possibilité d’une vie extraterrestre est aussi ancienne que l’observation de la nuit étoilée. Cette question a permis à tout un art de se déployer et a conduit à la science-fiction. L’apport récent des sciences mathématiques et physiques à l’étude du vivant donne l’espoir de perspectives générales et donc la possibilité d’étude de vie extraterrestre. La diversité physique de l’espace extraterrestre y propose de nouvelles formes et donc de nouvelles formes de vie. Enfin les risques de crise sur Terre accentuent l’intérêt porté à la vie extraterrestre.


Des êtres aux comportements étranges vivent-ils dans les étoiles ?

Des humains propulsés dans une autre galaxie, posant le pied sur une exo planète propice à certaines formes de vie, sauraient-ils interpréter le comportement des êtres peuplant cet univers extraterrestre ? Sans doute, car en dépit de la grande diversité de formes que pourraient prendre ces créatures, les nécessités de la vie, telles la subsistance et la reproduction, imposent des conduites identifiables. Sous l’infinie variété des comportements possibles, un petit nombre de déterminismes constituent des invariants du vivant.


Penser un langage du vivant pour penser les possibilités d’un langage extraterrestre

La possibilité d’un langage partagé par des êtres vivants sur des exoplanètes pose la question philosophique et fondamentale de ce qui constitue la communication, un langage, voire une langue. Elle pose la question du sens partagé en même temps que celle d’une intention de communiquer. Nous postulons ici, avant toute chose, la sensorialité du langage, lié à sa perceptibilité, quelle qu’elle soit, et une approche ondulatoire, voire vibratoire, qui semble universelle.


Qui va là ? L’éthique interrogée par l’extraterrestre

L’éthique n’a pas coutume d’être interrogée par l’imagination. Pourtant, l’hypothèse d’une vie, voire d’une intelligence extraterrestre ne peut être ignorée par l’éthique. Dans ce cas, il ne s’agit pas tant de nous interroger sur les moeurs des possibles extraterrestres, mais plutôt de nous intéresser à l’humain, lorsqu’il est confronté à une possible vie qu’il ne peut pas partager.


Racines artistiques et imaginaires extra-terrestres

L’exploration d’un imaginaire extra-terrestre suppose une curiosité pour les formes végétales plutôt que les animales, qui sont longtemps restées les modèles préférés de peintres. L’artiste contemporain, détaché des canons de la représentation historique, peut, plus facilement que par le passé, exercer sa puissance créative de façon analo-gique, embrassant un vivant complexe et bourgeonnant. La redécouverte des formes et des expressions végétales, rondes, sinueuses, hybrides et foisonnantes offre, par ce retour aux formes archaïques, génésiques ou rêvées, des pistes à l’anticipation de la vie cosmique.


Plasticité du vivant et exoformes

La biodiversité terrestre comme les productions humaines relèvent de stratégies évolutives comme de formes complexes. Cependant l’art brut et la plasticité du vivant révèlent un processus universel en cours que des civilisations extraterrestres pourraient partager. Quelle évolution suivrait-il dans une toute autre écosphère ? Tout l’enjeu est de délimiter ces territoires et les exoformes d’intelligence qui en découleraient. Nous faisons ici le pari que la plasticité en tant que propriété fondamentale de la matière-forme y serait prégnante car elle se situe au coeur de la sensibilité des mondes.


Une sculpture sur la lune, l’alliance de l’Art et de la Science

L’artiste Anilore Banon a créé et développé le projet VITAE, une oeuvre participative destinée à être installée sur la Lune. Le projet VITAE est une véritable odyssée artistique et scientifique, l’artiste, accompagnée d’ingénieurs et de scientifiques ont mis au point une sculpture capable de s’adapter aux contraintes lunaires, (Nitinol, matériau à mémoire de forme et Mylar doré). Un million d’empreintes de mains pourront y être gravées, recueillies sur toute la planète. VITAE une fois posée sur la Lune s’ouvrira et se fermera uniquement grâce à la chaleur du soleil. Elle est conçue pour voyager et être installée sur la Lune à bord d’un rover parmi des expériences scientifiques.


Une promenade extraterrestre avec Marc Boulay

L’artiste Marc Boulay nous invite ici à une promenade extraterrestre graphique entre ses thèmes de prédilection et de rêverie d’exobiologie spéculative. Il s’agit d’un ensemble de « photos » et de croquis rapportés de ses voyages imaginaires et extraits de sa nouvelle production : « Carnets de Voyages Stellaires - Souvenirs de Terrains ». Il a associé à ses « photos » et ses croquis des commentaires particulièrement originaux.


Facettes multiples d’un imaginaire extraterrestre

Les réponses fournies par les philosophes, les scientifiques et les artistes à la question des formes possibles pour des êtres vivants extraterrestres se révèlent d’une extrême diversité et d’une grande richesse.