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Contrairement à une opinion répandue, l’amélioration de la situation écologique n’implique pas nécessairement la diminution du PIB. Il convient d’abord de réévaluer l’importance des valeurs d’usage gratuites de la nature, et de construire un Indicateur de Conditions de Vie qui prenne en compte ces valeurs d’usage. Ensuite, un programme économique de long terme (2026-2050) est proposé, qui permet une reconversion écologique associée à une amélioration des conditions de vie de la population (en particulier la réduction de la durée du travail). Il repose sur une augmentation forte de la productivité du travail, favorisée par un fort investissement, couplée à une croissance économique modérée et à une réduction drastique des inégalités de toutes sortes.
Cet article analyse l’essor de l’investissement à impact (II) depuis les années 2010, présenté comme une voie pour concilier performance financière et transformation sociale et environnementale. Fondé sur les principes d’intentionnalité, d’additionnalité et de mesurabilité, l’II se développe dans un champ marqué par des tensions entre rentabilité et finalités extra-financières, standardisation et contextualisation, ambition transformative et risques de dérive (greenwashing, mission drift). L’étude montre que les instruments de mesure d’impact jouent un rôle performatif : ils ne se contentent pas d’évaluer, mais orientent les priorités et l’allocation des capitaux. Toutefois, cette financiarisation des biens communs et du vivant soulève des enjeux éthiques et politiques majeurs. L’article insiste ainsi sur la nécessité d’une gouvernance inclusive intégrant les parties prenantes vulnérables et sur un ancrage contextuel des métriques. En conclusion, l’investissement à impact ne pourra réaliser sa promesse transformative que s’il reconfigure ses instruments, sa gouvernance et ses cadres d’évaluation, pour favoriser une transition juste, solidaire et démocratique plutôt que de s’aligner sur les logiques dominantes de la finance.
De plus en plus d’organisations publiques mettent en oeuvre des démarches participatives telles que la co-création pour renforcer le lien avec la population et concevoir des politiques publiques adaptées à ses besoins. Cependant, certains publics restent systématiquement absents de ces processus. Dans un premier temps, cet article propose quatre dimensions analytiques pour caractériser la co-création de politiques publiques et évaluer son ampleur d’une démarche à l’autre. Il examine ensuite la notion de non-participation et en analyse les déterminants. Enfin, cinq approches identifiées dans la littérature sont présentées comme susceptibles d’accroître l’inclusivité des démarches : l’« aller-vers », les incitations, les dispositifs numériques, la mobilisation d’ambassadeurs et le développement de compétences. S’adressant tant aux chercheurs qu’aux praticiens, l’article fournit ainsi des pistes concrètes pour mobiliser les publics habituellement « invisibles » et repenser l’inclusivité de la co-création.
Cette recherche présente une plateforme numérique innovante qui combine le modèle haïtien du kolòn avec la théorie des communautés de pratique pour soutenir la co-conception de projets et l’apprentissage collaboratif dans les espaces de fabrication. Basée sur une étude impliquant 57 participants et cinq communautés internationales de makers, cette plateforme a été conçue pour faciliter l’apprentissage par les pairs et le développement des compétences grâce à un système de mentorat distribué. Nos résultats montrent des améliorations significatives des capacités de collaboration et des taux de réussite des projets. Ils mettent en évidence le processus de co-création d’une solution technologique centrée sur une approche communautaire, collaborative et inclusive. Ce travail contribue à faire progresser l’innovation et le développement des compétences dans le domaine de la fabrication numérique en fournissant un cadre pour « apprendre en fabriquant ensemble » qui fait le lien entre les espaces de fabrication virtuels et physiques.
Aujourd’hui le système de santé français est confronté à un double défi : le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, qui mettent en tension un modèle historiquement centré sur l’hôpital et le curatif. Les stratégies non-médicamenteuses (SNM) apparaissent comme une réponse innovante et nécessaire, en renforçant la prévention, en améliorant la qualité de vie et en réduisant la consommation de médicaments. Issues du modèle biopsychosocial, elles englobent des actions variées qui requièrent une participation active du patient et une coordination interprofessionnelle. Leur intégration dans les politiques publiques récentes illustre une volonté de promouvoir une santé plus intégrative et personnalisée. Toutefois, leur essor doit s’accompagner de garde-fous éthiques et scientifiques afin d’éviter les dérives. Les SNM s’imposent ainsi comme des leviers essentiels d’une médecine préventive et durable, capable de répondre aux grands enjeux sanitaires et sociétaux actuels.
2026
Volume 26- 11
Les possibles de la décarbonation de l’industrie : au-delà du progrès technique2025
Volume 25- 10
La décarbonation : industrie, économie et politique2024
Volume 24- 9
Les filières de production dans la bioéconomie2023
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Intelligence artificielle et Cybersécurité2022
Volume 22- 7
Trajectoires d’innovations et d’innovateurs2021
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L’innovation collaborative2020
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Les systèmes produit-service2019
Volume 19- 4
L’innovation agile2018
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Innovations citoyennes2017
Volume 17- 2
Innovations de mobilité. Transports, gestion des flux et territoires2016
Volume 16- 1
Stimulateurs de l’entrepreneuriat innovant