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Vol 1 - Numéro 1 :
Les carbonates archéologiques, mémoire des activités anthropiques

Archéologie, société et environnement


Articles parus

Carbonates et « mémoire de l’eau » : l’apport des textes juridiques à la gestion des aqueducs urbains

L’objectif de cet article est d’attirer l’attention des géoarchéologues qui travaillent sur les dépôts carbonatés des aqueducs sur l’intérêt de prendre en compte la réglementation juridique romaine qui en encadrait l’utilisation. La démarche est historiographique. Elle s’appuie sur l’étude de l’aqueduc de Nîmes, un aqueduc urbain, et sur celle de la branche sud de l’aqueduc d’Arles. Celle-ci a été affectée à un usage privé l’alimentation des moulins de Barbegal. Les propriétaires riverains d’un aqueduc public étaient autorisés à en utiliser l’eau contre une redevance. Ils avaient l’obligation légale d’entretenir le conduit et ses abords. La réglementation qui s’appliquait à l’aqueduc de Barbegal relevait du droit privé. Les caractéristiques et l’importance des concrétions de l’aqueduc de Nîmes dépendent autant d’une évolution naturelle que des interventions sur le canal pour des prises d’eau et pour son entretien. Dans le cas de l’aqueduc de Barbegal, l’observation des concrétions et leur analyse montrent (1) que les moulins n’ont pas fonctionné durant toute l’année, (2) que le bâtiment d’origine était couvert et que par la suite son toit ait été enlevé ou détruit, (3) que l’aqueduc a servi de réserve d’eau pendant ses périodes de fonctionnement.


Couche archéologique, sol archéologique et films de suie pariétaux : une approche micro-chronologique de l’occupation des cavités

Des traces de suie, témoignant d’activités humaines passées, sont parfois remarquées sur les parois des cavités, parfois également à l’intérieur de spéléothèmes. Ces dépôts, qui résultent de feux anthropiques, s’avèrent être un matériau particulièrement adapté aux études micro-chronologiques à très haute résolution. L’analyse microscopique d’encroûtements carbonatés de parois d’âges variés (Paléolithique moyen et supérieur) montre qu’ils ont conservé la trace de multiples occupations qu’il est possible de mettre en relation avec les unités archéologiques reconnues à la fouille. Les NMO (Nombre Minimum d’Occupations), généralement élevés, qui correspondent à chaque unité archéologique, attestent du caractère cumulatif de ces dernières. Chaque niveau enregistre alors un nombre d’occupations différent d’une unité à l’autre et illustre des rythmicités qui lui sont propres. Les perspectives de recherche sur les dépôts de suie sont diversifiées et laissent entrevoir la possibilité d’une étude de la mobilité des groupes humains passés suivant des résolutions jusqu’alors inégalées. On est de plus en droit de s’interroger sur le concept de « sol archéologique » et de « palimpseste » appliqué aux études spatiales en grotte et sous abri-sous-roche.


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2019

Volume 19- 1

Numéro 1 :
Les carbonates archéologiques, mémoire des activités anthropiques